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C’est avec une certaine émotion et impatience que nous arrivons en Chine, terre où tout a commencé… Le thé est indissociable de la Chine : les habitants de l’empire du milieu ont consommé très tôt ce breuvage si populaire aujourd’hui, ils l’ont diffusé à travers le monde et le pays est actuellement le 1er producteur mondial.

Le saviez-vous ?

Un vieux dicton chinois fait du thé l’un des sept produits de première nécessité avec le bois, l’huile, le riz, le sel, la sauce de soja et le vinaigre. Le thé est la boisson la plus populaire en Chine.

Kunming

Nous atterrissons à Kunming, capitale du Yunnan, province reine du thé. La région abrite les plus vieux théiers du monde et est le lieu de production d’un célèbre thé qui s’arrache à prix d’or partout dans le monde : le Pu’er 普洱.

Nos premiers pas dans Kunming nous éblouissent : cité de 3,5 millions d’habitants, elle n’a rien à envier à la modernité des villes américaines ou européennes. Verticale, elle semble vouloir conquérir le ciel et ses grandes avenues permettent aux voitures, motos, vélos et piétons de se côtoyer sans encombre. Les scooters sont tous électriques et les rues sont nettoyées par une armada d’employés ce qui rend la ville agréable. Au pied des grands immeubles modernes se jouxtent des enseignes de vêtements de mode et des mini-échoppes de street food. Les habitants sont branchés, connectés et…. Buveurs de thé ! Dans le sac à dos de la plupart des chinois, un thermos rempli est glissé dans la poche latérale. Lors de notre premier déjeuner composé de la spécialité locale nommée « les nouilles qui traversent le pont », la cuisinière nous glisse une théière et deux tasses.

On apprend très vite à reconnaître le signe chinois du thé ou Cha 茶, il est partout ! Car Kunming est la plaque tournante du Pu’er en Chine. Le lendemain de notre arrivée, nous allons au tea market de Jinshi dans le nord de la ville. Des centaines de boutiques sont rassemblées dans une sorte de mini centre commercial à ciel ouvert. Plus de 10 000 m2 consacrés au produit phare du Yunnan! Ici tout ce qui se vend est en relation avec le thé : thés en vrac bien entendu mais aussi accessoires de dégustation et mobilier. Les boutiques sont des grossistes qui traitent avec des acheteurs venus de toute la Chine. Les produits sont ensuite revendus partout dans le monde dans des boutiques, des restaurants ou des salons de thé. Nous nous perdons au milieu de toutes ces boutiques au design intérieur très travaillé…

L’envie nous démange de déguster mais quelle boutique choisir ? Nous jetons notre dévolu sur une petite boutique où nous sommes attirés par le joli décor et la sympathique table de dégustation (quels critères de choix objectifs !). La propriétaire nous fait déguster plusieurs Pu’er. Première difficulté : nous pensions qu’il existait un seul type de Pu’er, notre surprise est donc grande quand nous apprenons qu’il y a deux méthodes de fermentation et donc deux pu’er : le Shou Cha 熟茶 et le Sheng Cha 生茶.  Quelle est la différence ? Pour mieux comprendre, il faut détailler le procédé de fabrication que nous avons expliqué dans cet article. Pour comparer ce qui est comparable, nous décidons de déguster trois Shou Cha: 2 de 2010 (de fabricants différents) et 1 de 2005.

Le Pu’er se présente sous la forme de galettes compressées. Elles sont empaquetées par 7 grâce à des feuilles de bananier. Chaque galette est elle-même entourée d’un papier très fin où l’on retrouve toutes les indications clés : date de production, origine… Bien entendu le tout en mandarin, on a donc quelques difficultés à déchiffrer !

Nous nous installons à la table de dégustation. La propriétaire utilise la méthode Gong Fu Cha (功夫茶) pour nous faire déguster. Il s’agit d’une méthode créée par les chinois qui constitue en de multiples infusions à temps très court. Cela permet de découvrir toute la palette d’arômes que peut contenir un thé complexe. Le Gong Fu Cha est particulièrement approprié pour déguster un pu’er.

Nous commençons la dégustation, la galette est attaquée avec un pic pour en détacher les feuilles de thé. La propriétaire se sert d’un gaïwan pour la dégustation. Le 1er pu’er nous séduit d’emblée, nous retrouvons les sensations de sous-bois, mousse et champignon si inhérentes au Pu’er. Ses arômes perdurent au cours des infusions suivantes. La propriétaire nous explique que l’on peut infuser jusqu’à 12 fois un pu’er. La 2ème galette nous inspire moins, nous trouvons les arômes un peu « plats » et au bout de la 3ème infusion il perd son peu d’intérêt. Quant à celle de 2005… Peut-être est-ce notre manque d’expérience en ce qui concerne les Pu’er mais nous ne lui trouvons pas de grande différence avec celui de 2010 et pourtant le prix est plus que le double ! Nous optons donc pour la 1ère galette de 2010 que nous conserverons à une température de 25 à 28° dans un endroit sec pour que ses arômes continuent à se développer dans les prochaines années.

Le Pu’er est comme le vin : les bons « crus » se bonifient avec le temps. Des amateurs conservent certains pu’er pendant des dizaines d’années… Après cette dégustation, nous flânons dans les boutiques d’ustensiles… Difficile de ne pas craquer tant le choix est grand et les prix accessibles ! Mais il nous reste 3 mois de voyages et nos sacs à dos sont déjà bien remplis. On reste raisonnable en n’achetant qu’une pince en bambou et un pic à Pu’er.

Xishuangbanna

Kunming nous a mis en appétit et nous voulons en savoir plus sur le pu’er. Nous partons donc dans le sud du Yunnan près de la frontière avec le Laos et le Myanmar dans la province autonome de Xishuangbanna. Il s’agit d’un lieu étonnant car il regroupe 12 ethnies minoritaires sur les 56 que compte la Chine. En effet, quand nous arrivons à Jinghong, la capitale de la province, nous sommes frappés par la diversité de la population : les han, l’ethnie majoritaire de Chine, est ici minoritaire et côtoient les dai, les bulang, les yao ou les lisu aux airs tibéto-birmans.

La route du thé et des chevaux

Quand on parle de route en Chine, on pense tout de suite à la route de la Soie. Et pourtant une autre route a tout autant compté pour le commerce et la circulation d’idées : la route du thé et des chevaux. Sous la dynastie Tang (618-907), en 641, la princesse Wencheng se maria avec un prince tibétain et sa dot comportait du thé, le Tibet découvrit pour la 1ère fois ce breuvage. Il fallut attendre  756 pour qu’une véritable relation commerciale se développe entre le Tibet et la Chine. Ce commerce lucratif  perdura les dynasties suivantes. Le Tibet, de plus en plus friand de thé, proposa d’échanger ses chevaux contre le thé du Yunnan. La route, qui reliait déja le sud-ouest de la Chine (provinces du Yunnan et du Sichuan) et le Tibet, connut une forte hausse de sa fréquentation. Les caravanes partaient de la jungle de Xishuangbanna remplies de thé (plus de 1 000 tonnes par an) et revenaient du Tibet avec des chevaux (plus de 20 000 chevaux certaines années). Au XVIIIème siècle, les chinois cessèrent d’importer des chevaux tibétains et la route connut un déclin inéluctable.

Nous décidons de partir en trek aux alentours de Jinghong pour découvrir l’une des 6 montagnes du thé : Nannuo Shan. Ces six montagnes de thé sont connues car elles sont le lieu de production depuis plusieurs centaines d’années de pu’er parmi les meilleurs au monde.

Nannuo Shan (南糯山)

Le lendemain matin, nous partons armés de notre sac à dos et d’une carte en mandarin. Nous avons trouvé peu d’informations : nous savons que Nannuo Shan est la montagne de thé la plus facilement accessible, qu’elle culmine à 1600 mètres, qu’elle abrite de nombreuses fabriques de thé artisanales et surtout qu’elle contient le roi des théiers âgé de 800 ans. Mais comment trouver ce théier ? On ne le sait pas, mais curieux de voir de près ce vieux théier, on part à la conquête de Nannuo Shan. Le début est relativement facile. Un bus nous mène au pied de la montagne où une route serpente jusqu’à son sommet. Après tout se complique. Tout d’abord toutes les usines sont fermées car c’est la saison des pluies (comme nous avons pu le constater les derniers jours, nous avons vu plus de pluie en 3 jours qu’en 4 mois de voyages !). Nous constatons tout de même que le pu’er rapporte : les villages situés en haut de la montagne sont constitués de grandes maisons impressionnantes par leur taille et de belles voitures sont dans les allées. Les habitants peuvent en effet se targuer de fabriquer du pu’er à partir de théiers vieux de plus de 300 ans. Et dans le pu’er… Plus c’est vieux, plus c’est bon ! La demande est forte et les prix peuvent atteindre des sommets ! On comprend mieux les maisons flambantes neuves. Dans les villages de Nannuo Shan habite la minorité Akha (aussi appelée Hani). Peuple des « terres hautes » (à l’inverse des dai, minorité des « terres basses ») ils cultivent le thé depuis des centaines d’années et se sont enrichis grâce à son commerce.

Remis de notre déception à propos des fabriques fermées, on se lance à la recherche du plus vieux théier de Nannuo et l’un des plus vieux au monde, appelé roi des théiers ou wang cha shu. Nous rencontrons une difficulté majeure : il y a peu d’indications et les rares panneaux sont en mandarin. Armés de notre dictionnaire, nous demandons à tous les habitants de nous indiquer « Lao Cha Shu » : le vieil arbre à thé. Chacun tente de nous aider en se lançant dans de grandes explications que nous ne comprenons pas. Finalement à force de gestes, de doigts pointés, et après une bonne heure de recherche, nous arrivons sur un sentier qui s’enfonce dans la forêt. Après quelques minutes de marche, nous débusquons enfin le roi des théiers ! Entouré d’un grillage protecteur, il s’élance majestueusement vers le ciel. Il mesure presque 6 mètres. De nombreuses ramifications partent de son tronc principal. Nous apprenons que les feuilles de ce théier sont récoltées chaque année. Mais impossible de les retrouver sur le marché, le pu’er produit à partir de ces feuilles est réservé des années à l’avance par de très riches acheteurs… Tout autour de lui, se dressent d’autres théiers centenaires, certes plus jeunes mais qui ont l’air d’avoir vécu plusieurs vies. De forme tortueuse et noueuse, ils sont laissés à « l’état sauvage » c’est-à-dire non taillés. Leurs feuilles sont larges et d’un beau vert profond. Nous sommes loin des plantations organisées et linéaires de l’Inde ou de l’Afrique. Ici les théiers sont rois : ils poussent comme ils veulent et cohabitent avec la nature environnante. Il n’y a pas à proprement parler de Tea Garden (jardin de thé). Près du « roi des théiers », nous croisons 2 cantonais en vacances qui nous proposent gentiment de nous ramener en voiture à Jinghong. Nous acceptons avec plaisir, la journée ayant été longue !

Le soir à l’auberge, nous planifions notre prochaine randonnée. Loin d’être rassasiés de la marche du jour, nous souhaitons nous enfoncer plus profondément dans la province pour visiter des villages isolés où les minorités ont conservé leur tradition. L’objectif premier de ce trek de 2 jours n’est pas le thé mais la découverte des montagnes de Xishuangbanna et de ces habitants et pourtant cette randonnée va prendre une tournure complètement théinée !

Trek de Xiding (西定) à Bada (巴达)

Nous avons rassemblé quelques informations sur Internet à propos d’un trek qui parcourt plusieurs villages. Le trek commence dans le village de Xiding et s’achève dans le village de Bada à 30 kms de la frontière birmane. Pour y aller nous devons d’abord nous rendre dans la ville de Menghaï. Sur la route, notre bus est arrêté par l’armée. Ici les contrôles sont systématiques, la province étant jugée à risque par les autorités chinoises. En effet, des minorités comme les ouïgours tentent de fuir la Chine par les frontières les plus poreuses du pays. En tant qu’étranger, nous subissons un interrogatoire en règle qui retarde tout le bus. Nous sommes photographiés et questionnés longuement sur nos intentions. Finalement ils nous laissent partir mais nous savons que nous risquons de subir d’autres contrôles lors de notre trek.

A Menghaï, nous faisons un tour au marché quotidien. Les habitants des villages alentours descendent des montagnes pour vendre leurs produits. Ici on parle peu mandarin. Les différents dialectes locaux s’entrecroisent, tandis que des vieilles femmes coiffées de chapeaux colorés nous adressent des sourires édentés. Un tour à la boucherie nous plonge dans un autre monde : il règne une cacophonie assourdissante entre caquètements de poules, de canards, d’oies et de poussins tandis que des femmes écorchent des poulets et qu’une autre enlève à l’aide d’une pince les griffes d’un chien mort. Un boucher nous brandit fièrement une tête de bœuf qu’il est en train de préparer… Ambiance ! On fait le plein de fruits exotiques et de charcuterie pour notre trek. On prend ensuite un autre bus qui grimpe dans la jungle. Nous atteignons en fin de matinée le tranquille village de Xiding. Après un solide déjeuner, nous partons. Cette journée sera courte, 12 kms à parcourir. Tout de suite nous sommes surpris, les théiers sont partout ! Plus petits et mieux taillés que dans la montagne Nannuo Shan, ils recouvrent la majorité des hectares cultivés. Ici les habitants produisent du thé noir (connu sous le nom de thé noir du Yunnan) et du pu’er.

Les maisons sont moins grandioses que sur Nannuo Shan et les habitants ont conservé leurs traditions que ce soit dans leurs habitations ou leurs vêtements. Nous croisons des grands-pères habillés à la « mode Mao » : pantalon de toile bleue foncée, chemise longue sombre et casquette noire visée sur la tête. De nombreux temples émaillent le paysage : le bouddhisme prédomine et l’architecture rappelle la Thaïlande. D’ailleurs la région est parfois surnommée la mini-Thaïlande, car elle a davantage de points communs avec ce pays qu’avec la Chine. Un exemple parmi d’autres? Ici, l’alphabet utilisé est identique au Thaï. En fin d’après-midi nous arrivons dans le village de Zhang Lan, petite bourgade isolée au creux d’une vallée d’une beauté époustouflante. Les maisons mordernes côtoient les maisons traditionelles. La basse-cour est au rez-de-chaussée et au-dessus se trouve une grande salle qui constitue le lieu d’habitation. Nous commençons à errer à travers le village pour trouver un logement. Les habitants proposent de nous héberger mais ils demandent des sommes exorbitantes.

La pluie commence à tomber, on décide de tenter notre dernière chance auprès d’une maison à l’écart du village sinon ce sera dodo dehors sous un abri que nous avons déjà repéré. Et surprise, nous tombons sur une fabrique de thé ! Le propriétaire nous fait comprendre qu’il ne peut pas nous proposer de solution. Dépités, nous nous apprêtons à partir quand la pluie redouble de violence. Le jeune propriétaire nous rattrape et nous propose de déguster son thé, ce que nous acceptons avec plaisir. Il nous installe à une table de dégustation et nous propose le pu’er qu’il produit, le Zhang Lang Gu Shu Cha. C’est un agréable thé qui nous réchauffe le corps et le cœur. Le propriétaire ne parle pas un mot d’anglais, nous discutons donc par gestes et avec l’aide de notre dictionnaire. Tout de suite, nous sympathisons. Yan Kan San nous explique qu’il dirige l’entreprise familiale qui existe depuis des générations. Il la gère avec sa femme, son frère et son père. L’usine est petite mais il exporte son thé en Corée et à Hong-Kong. Rapidement, il nous propose de dormir chez lui. Nous ne croyons pas à notre chance : nous avons finalement trouvé un toit et qui plus est dans une fabrique de pu’er !

Il nous quitte bientôt car les cueilleuses reviennent avec leur récolte quotidienne. Elles se dissimulent sous des grands ponchos couverts de pluie. Chacune à leur tour, elles passent à la pesée où leur nom et le poids des feuilles sont inscrits sur un registre. Puis direction les tables de flétrissage. Les feuilles de thé sont étalées sur de grandes grilles où de l’air souffle. Le temps étant très humide, le flétrissage durera longtemps. Les femmes se reposent avant de reprendre la route. Elles sont toutes vêtues d’une élégante veste courte noire et d’une grande jupe tubulaire également noire à fines rayures de couleurs. Les plus âgées sont coiffées d’un turban noir et quand elles sourient… Surprise ! Leurs dents sont toutes noires !

Le saviez-vous?

Les femmes de ce village mâchent des noix de bétel pour protéger leur dentition. Les dents noires sont un signe de beauté chez les bulang. Car comme nous l’explique Yan Kan San, les montagnes que nous traversons à pied sont le fief des bulang, une minorité ethnique qui a été parmi les premières à cultiver le thé. L’ethnie est à cheval sur plusieurs pays : la Chine, la Birmanie, le nord du Vietnam et le nord de la Thaïlande. Peuple montagnard, ils vivent de l’agriculture et de l’élevage et pratiquent le bouddhisme. Yan Kan San lui-même porte des tatouages traditionnels sur les bras.

Yan Kan San nous fait faire le tour de l’usine : ils nous montrent les woks où sont grillées les feuilles de thé et la grande serre où sont séchées les feuilles après leur passage au wok. Tout le bâtiment est saturé d’odeurs de thé. Même si on ne parle pas la même langue nous arrivons à communiquer et échanger plein d’informations. Nous ne le savons pas encore mais la soirée ne fait que commencer. Il nous amène à la crémaillère d’un de ses cousins. La grande salle est remplie de villageois ! Nous sommes l’attraction de la soirée : les enfants rient en nous voyant, les autres invités se relaient à notre table. Tous les hommes sont attablés à fumer, manger, boire pendant que les femmes cuisinent, remplissent les plats, débarrassent, nettoient et s’occupent des enfants. Nous sommes le seul couple à manger ensemble ! On se sert dans tous les plats, chaque invité veut nous offrir une cigarette, à boire et à manger. L’alcool de maïs sort bientôt de sous les tables dans des bouteilles en plastique et chacun vient trinquer avec nous. Nous qui voulions dormir tôt c’est raté ! Nous rentrons finalement mais avant de dormir Yan Kan San veut nous faire goûter une autre de ces productions : du thé noir. Délicieux et parfait après tout ce que l’on a ingurgité ! Bizarrement la salle principale de la maison contient des tentes où la chaque membre de la famille dort. Nous nous retrouvons donc chacun dans une tente individuelle… Dehors la pluie continue à tomber, nous sommes plus que reconnaissants à Yan Kan San de son accueil si chaleureux.

Le lendemain il est temps de partir… 25 kms nous attendent ! Yan Kan San nous dit au revoir et nous offre un énorme sachet de thé noir (hong cha en mandarin). Nous ne savons pas comment le remercier. Nous sommes touchés par cette rencontre si providentielle ! En descendant les rues du village, nous tombons sur une femme en train de griller les feuilles de thé dans un grand wok. L’arôme des feuilles cuites nous accompagne pour les prochains kilomètres. Le 2ème jour est tout autant magnifique. Au début de la journée, la brume nous donne l’impression de nager dans le coton puis elle se dissipe et laisse apparaitre un paysage verdoyant, recouvert de forêts et de cultures variées. Et encore du thé ! Les femmes cueillent à la main sous leur grand chapeau de paille. Nous traversons des villages reculés où nous sommes accueillis par de grands sourires. La journée est rude, le dénivelé ne nous épargne pas. Après une marche forcée de 5h30 et 25km de chemins de montagne, nous arrivons épuisés à Bada, dernier village chinois avant la frontière birmane.

D’après les informations glanées sur le net, un bus passe en début d’après-midi. Et surprise en arrivant, le bus est parti à … 8h du matin ! Oups ! Déçus nous décidons d’aller manger en espérant qu’un bon repas nous réconfortera. Deux chinois nous invitent rapidement à leur table et partagent leur déjeuner avec nous… Ce n’est pas la première fois que cela nous arrive, les chinois ont un sens de l’hospitalité et du partage rare ! Et là encore avec l’aide de gestes et de notre dictionnaire car ils ne parlent pas anglais, nous apprenons qu’ils partent d’un instant à l’autre à Jinghong ! Ils nous proposent de rejoindre leur voiture. Un sacré coup de chance de trouver une voiture qui va dans la bonne direction dans ce village complètement isolé. Et pour parfaire la coïncidence, nous apprenons qu’ils travaillent dans le thé. Malheureusement il nous sera difficile d’en savoir plus, la communication étant laborieuse !

Après 2 jours remplis de magnifiques paysages et de rencontres extraordinaires, nous revenons à Jinghong. Demain nous reportons en bus à Kunming. Un train de 36h nous attend pour parcourir les 2 000 kms qui nous séparent de la région du Fujian, nouvelle étape des Tea Travelers !

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