Sélectionner une page

Tokoname

En route vers la préfecture de Shizuoka après quelques jours à Kyoto et Uji, nous décidons de nous arrêter dans la préfecture de Nagoya dans la petite ville de Tokoname, une des villes historiques de la poterie japonaise. En effet, la découverte du thé au Japon ne serait pas complète sans une visite auprès de l’un des centres de poterie du pays. Les théières japonaises aux formes si particulières sont en effet aussi renommées que leurs voisines chinoises.

Tokoname est une petite ville située sur la côte Est de l’île de Honshu. La ville a réalisé un impressionnant travail de rénovation de son patrimoine historique et économique. Les artisans de la ville ont en réalité débuté par la construction de canalisations en terre cuite pour l’acheminement de l’eau et de l’électricité. La fabrication de théières et autres accessoires pour le thé est venue dans un 2nd temps.

Nous marchons dans le petit centre restauré et plongeons rapidement dans l’ambiance. Les rues sont pavées d’éclats de poterie et de nombreux fours en briques avec leurs hautes cheminées sont encore en très bon état.

Ils jouxtent de grandes bâtisses en bois noir qui servaient d’ateliers de fabrication. A l’âge d’or de la ville, celle-ci disposait de plus de 300 cheminées.

Nous visitons l’un de ces grands fours.

Une salle voutée en brique abritait les poteries à cuire. Les feux étaient allumés sur les côtés ce qui permettaient de chauffer les briques. La chaleur montait puis redescendait au sol où un grillage laissait la chaleur filer dans le tuyau de la cheminée. Le plus grand four de la ville consiste en une enfilade de fours adjacents construits sur une légère pente. Ainsi la chaleur monte de four en four et le plus en hauteur dispose d’une cheminée pour évacuer la fumée.

Aujourd’hui ces fours ne sont plus utilisés, les potiers préférant des fours plus petits qu’ils peuvent disposer dans leur atelier.

Nous nous rendons ensuite dans l’atelier d’un artisan potier qui s’adonne à l’art de la théière en terre glaise cuite. Nous nous installons dans son atelier où il nous propose une démonstration. Il met en route son tour électrique et prélève de la terre cuite. Avec les mains il façonne très rapidement 2 tasses puis le couvercle d’une théière. Toujours avec le même morceau de glaise, il s’attelle à la théière puis à son manche évasé, si spécifique aux théières japonaises. Précis, rapide, il crée en 15 minutes devant nous un vrai service à thé !
Ce qui nous semble si facile demande des années d’entrainement, il donne lui-même des cours aux apprentis potiers. Il nous explique ensuite par des gestes (il ne parle pas anglais) que c’est terminé pour aujourd’hui car il faudra chauffer les pièces pour pouvoir continuer le travail. Dans sa boutique il nous présente les différents modèles de poterie japonaise.

Le saviez-vous ?

Les théières japonaises sont nommées « Kyusu ». En argile, elles intègrent un filtre qui laisse passer les micro-particules de thé, bénéfiques pour la santé.

Il en existe plusieurs modèles :

  • Les Yokode qui ont une poignée latérale (le modèle le plus fréquent)
  • Les ushirode qui ont une poignée dorsale
  • Les Uwade qui ont une anse (comme les théières chinoises)

Après cette 1ère visite, nous visitons d’autres ateliers et boutiques où les artisans redoublent de créativité et d’originalité. Comme en Chine à Yixing, les maitres potiers créent de véritables œuvres d’art vendus plusieurs centaines (voire milliers) d’euros. Nous craquons finalement pour une théière Kyusu Yokode de petite taille pour notre consommation de thé vert japonais. Notre collection de théières ne cesse de s’agrandir !

Shizuoka

Nous prenons ensuite le bus en remontant la côte est. Notre prochaine destination est la ville de Shizuoka, capitale de la préfecture du même nom. Première région productrice du pays, elle est la terre du Sencha qui représente près de 80% de la production du Japon.

Le saviez-vous ?

Quatre récoltes annuelles rythment la vie des producteurs de Shizuoka : la 1ère récolte du printemps de fin mars à début juin (la plus prisée), le 2ème récolte qui a lieu fin juin, la 3èmedébut août et la 4ème, celle d’automne.

Après la récolte, les feuilles sont directement étuvées à la vapeur pour stopper le procédé d’oxydation. Les feuilles sont ensuite refroidies puis roulées en fines aiguilles. Pour ce faire, les feuilles passent dans des machines successives, au Japon, tout est automatisé. La dernière machine est dédiée au séchage. Pendant 20 à 30 mns, les feuilles sont soumises à une  température de plus de 80° afin de ne laisser que 5% d’humidité. Il ne reste plus qu’à trier les feuilles et enlever les brisures et le sencha est prêt à être vendu !

Quand nous arrivons à Shizuoka le temps est couvert comme c’est souvent le cas au mois d’août. Connaissez-vous ces photos de plantations de thé japonaises avec en toile de fond le Mont Fuji ? Et bien c’est dans cette région que nous pouvons voir ces paysages. Enfin, quand le temps le permet !

Nous prenons un bus qui nous mène à 1h de Shizuoka, en haut d’une colline d’où l’on peut bénéficier d’une belle vue sur le Mont Fuji et les plantations de thé. Enfin en théorie…

Arrivés en haut, nous trouvons les théiers parfaitement alignés et taillés, d’une grande régularité mais pas de Mont Fuji… Il est bien caché par les nuages, nous n’aurons donc pas dans notre collection une photo réunissant thé et montagne emblématique du Japon. Tant pis !

Nous redescendons dans les plaines de Shizuoka et prenons le train pour arpenter les environs. Cette virée nous permet de découvrir les grandes plantations de sencha. Leur parfait alignement et le terrain plat permet une mécanisation de la récolte comme nous avions déjà pu le voir au Kenya. Avec 4 récoltes par an et une main d’œuvre chère, les machines assurent un meilleur rendement économique aux plantations. Ces machines ultramodernes d’une extrême précision parviennent à ne récolter que les jeunes pousses de thé. Une prouesse technique! La mécanisation et l’automatisation n’ont pas de secret pour les japonais…

La préfecture de Shizuoka à aussi la particularité d’être l’une des zones plus septentrionales productrices de thé au monde. Les producteurs doivent donc lutter contre le froid hivernal voire le gel. Pour combattre le froid et améliorer le rendement, les japonais ont mis un point un cultivar nommé Yabukita. Celui-ci est le plus répandu des cultivars, on l’estime à 75% des théiers. Le Yabukita a tout pour plaire : il résiste au froid, offre une productivité intéressante et s’adapte à son environnement. Le cultivar arrive à maturité au bout de 4 ans et produit des jeunes pousses pendant 45 ans. La rentabilité est donc excellente pour les producteurs. Utilisé dans 90% des plantations japonaises pour la production de sencha, il présente un risque pour les années à venir. En effet, si un insecte ou une maladie venait à détruire le cultivar, toutes les plantations seraient menacées.

La consommation intérieure du Japon est telle qu’elle absorbe quasiment toute la production annuelle. Le Japon importe d’ailleurs des feuilles de thé de Chine et Taiwan pour pallier à son manque de plantations. Pas facile sur un archipel où le manque de place se fait sentir d’agrandir les plantations !

Concernant le sencha, la récolte de printemps est la plus prisée et souvent un indicateur de la qualité des récoltes à venir. Elle est donc scrutée avec attention dans le microcosme du thé.

Après avoir parcouru les alentours de la vile, nous nous régalons de poissons crus frais accompagné d’un sencha, un régal dans cette ville portuaire qui vit du thé et de la pêche !

Tokyo

Nous continuons notre remontée vers le nord pour rejoindre, toujours en bus, l’une des plus grandes mégalopoles mondiales, Tokyo. 4 jours pour nous immerger dans ce monde plein de fantaisie et de contrastes étonnants !

Après nous être émerveillés des folies tokyoïtes, nous profitons d’une après-midi pluvieuse pour nous installer dans une tea house, Torindo dans le quartier de Ueno.

Le bol de matcha que la sympathique propriétaire nous prépare est accompagné d’un wagachi, une pâtisserie japonaise.

Lors d’une dégustation du matcha, il faut toujours commencer par la pâtisserie, l’amertume du matcha sera ainsi adoucie par les saveurs sucrées encore sur nos papilles.

Ce salon de thé cosy aux tons modernes sert un délicieux matcha, très bien préparé!

Comme nous l’avons appris à Kyoto, la préparation d’un bon matcha demande de l’entraînement !

Le saviez-vous ?

Les pâtisseries traditionnelles japonaises ou wagachi ont une place importante dans la consommation du thé. Dans toute tea house qui se respect, un wagashi accompagnera toujours votre matcha, gyokuro ou sencha. Ces pâtisseries sont le plus souvent faites à partir de pâte de riz ou d’haricots. Le le wagachi est souvent omogashi c’est-à-dire à pâte molle mais vous pourrez parfois avoir un higashi, c’est-à-dire à pâte dure. Il en existe une multitude : Ne connaissant point la pâtisserie japonaise, nous laissions les serveurs choisir pour nous. Et nous n’avons jamais été déçus ! Toujours joliment présentées, elles ont un goût délicat mais peuvent parfois paraître assez sucrées pour nos palais d’occidentaux.

Ces quelques jours à Tokyo terminés, il est temps pour nous de penser à notre prochaine étape qui n’est pas un pays producteur de thé… Nous allons en Mongolie puis en Russie où, qui sait, de nouvelles découvertes autour du thé nous attendent peut-être…

A bientôt !

Recevez des nouvelles des Tea Travelers

Recevez des nouvelles des Tea Travelers

Les dernières informations sur le projet Tea Travelers, du contenu exclusif, des photos et des vidéos... Garantie sans 100% thé et 100% sans SPAM!

Inscription validée. Merci!

Pin It on Pinterest

Partagez cet article!