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Depuis le début de notre voyage, il y a plus de 2 mois, nous vous avons fait découvrir 2 pays. Tout d’abord l’Inde, pays par excellence du thé, au nom qui évoque les saris, qui sent bon les épices et qui vous donne le goût du poulet tikka masala à la bouche.Et puis, nous vous avons emmené au Népal qui vous donne le vertige en pensant à l’Himalaya et l’Everest et vous propulse au milieu de splendeurs du passé quand on évoque Katmandou… Le début de notre périple africain nous conduit au Malawi qui vous évoquera surement…. pas grand-chose à première vue! Et oui, déjà il faut situer ce petit pays sur une carte (on vous aide, en voici une) et ensuite essayer de chercher dans notre mémoire à quelle occasion on a pu entendre parler du Malawi. On vous rassure, nous n’avons pas trouvé… ! Plein d’interrogations sur ce qui nous attendait, nous quittons donc Katmandou pour Lilongwe, la capitale du pays… C’est la première fois que le duo Tea Travelers pose les pieds sur le continent africain. Beaucoup de nouveautés nous attendent! Et bien en toute honnêteté, nous sommes allés de bonnes surprises en bonnes surprises. Tout d’abord, nous avons rencontré un accueil chaleureux et souriant de tous les malawites associé à un grand sens de l’entraide.

Comme à notre habitude, nous utilisons les moyens locaux pour voyager à travers le pays. Au Malawi, les minibus sont les plus pratiques et les plus abordables (mais pas les plus rapides et surtout les plus bondés!). Nous avons même testé les mototaxis et les vélos-taxis. Nous luttons parfois pour comprendre les habitudes locales mais nous n’avons jamais été perdus, chacun aidant de son mieux. Les sourires sont peut-être ce qui nous a le plus marqué avec partout des gens secouant la main pour nous dire ‘hello’ ou ‘bye bye’ (notamment les enfants qui ont tendance à confondre !).

Le Malawi est un pays très peu touristique, très pauvre aussi qui regorge de lieux magnifiques à visiter tous différents les uns des autres. Comme souvent en Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya…) le Malawi possède surtout une offre de tourisme de grand luxe bien au-delà de notre budget de routard. Nous avons donc testé un grand panel de motels et restaurants destinés à la clientèle locale avec tous les charmes et les rencontres que cela induit mais aussi parfois quelques sacrifices sur le confort. Peu habitués à voir des étrangers voyageant avec un budget serré et donc à la mode locale, nous suscitons beaucoup d’intérêt et de curiosité. De plus, les français sont peu présents au Malawi. Nous faisons figure d’exception. Ce qui nous a surpris c’est qu’à l’heure des élections présidentielles, certains malawites nous ont demandé si nous allions voter ! Alors que l’on sait très peu de choses sur le Malawi, ils sont au courant de notre actualité politique…

Au niveau gastronomique, après 2 mois sans quasiment aucune viande, nous avons rapidement adopté le plat national composé de poulet et nsima (sorte de purée de maïs).

Notre périple au Malawi nous a emmené sur les bords du lac Malawi (cqfd) où les soirées en terrasse, les sessions snorkelling et le retour matinal des pêcheurs nous ont enchantés. Dans le parc de Liwonde, nous avons fait la rencontre de dizaines et dizaines d’hippopotames et d’éléphants. Arrivés dans le sud du Malawi, nous en avons profité pour faire une randonnée dans le plus grand massif montagneux du pays : le massif de Mulanje. Nous avons passé 3 jours seuls, perchés à 2,000 d’altitude. Et tout ça dans un pays 5 fois plus petit que la France…

Alors conquis ?

Le saviez-vous?

Le Malawi est un pays tourné vers l’agriculture (80% de l’activité économique avec principalement du tabac, du maïs, du café et du thé). Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté et l’espérance de vie est très basse (à peine plus de 50 ans). Petit pays encastré entre le Mozambique, la Zambie et la Tanzanie, débordé par une population de 16 millions d’habitants toujours en croissance, le Malawi est un pays très stable où les différentes ethnies et religions vivent en harmonie ce qui en fait un lieu sur où il est aisé de voyager en routard.

Bien sûr, le carnet de route de Tea Travelers n’a pas pour objectif de faire la campagne de communication pour le développement du tourisme malawite mais il nous a semblé important d’écrire cette introduction pour mieux vous faire connaître une destination qui vaut le coup !

Nous avons contacté quelques plantations avant notre arrivée et une seule nous a répondu positivement. En creusant, nous avons compris pourquoi : il y a seulement 18 plantations au Malawi, toutes produisant du CT C (Crushing, Tearing, Curling) soit du thé bas de gamme qu’elles vendent à de grandes marques comme Lipton, Tetleys ou Finley. Ces grandes usines, produisant du thé en masse qui se retrouvent dans les sachets de thé, n’ouvrent habituellement par leurs portes à des visiteurs extérieurs.

Le saviez-vous?

Sur les 18 plantations du Malawi, seule une appartient à un malawite… Alors que le thé représente une des principales sources de devises pour le pays et fait vivre des millions de personnes à travers le pays.

Heureusement, Satemwa Tea Etate nous a proposé une visite davantage tournée vers une dégustation car ils n’ont pas voulu nous faire visiter l’usine.

Satemwa a une histoire riche construite depuis 1923 lorque Mr Kay, d’origine écossaise, a fondé la plantation. Depuis, 3 générations se sont succédées à sa tête.

Pour rallier Satemwa Tea Estate et débuter notre découverte du thé au Malawi, nous nous dirigeons donc vers le sud du pays, principal lieu de production et tout particulièrement la région de Mulanje. Nous nous arrêtons à Thyolo, « capitale » du thé au Malawi. Alors que nous nous attendons à une ville aux allures coloniales impregnée de passé britannique comme peut l’être Darjeeling en Inde, Thyolo est en réalité un petit village simplement entouré de champ de théiers à perte de vue. Nous commençons notre découverte de la région par quelques balades dans les plantations environnantes. C’est la période de la cueillette et les ouvriers sont à l’œuvre un peu partout dans les champs au vert éclatant. Nous captons des moments de vie locale à la lumière rasante d’une fin d’après-midi. Les cueilleurs rentrent chez alors que les tracteurs et leurs remorques chargées de feuilles vertes font des aller-retour vers les usines.

Première surprise: contrairement à l’Inde et au Népal, ce sont les hommes qui prédominent dans les champs à la cueillette. Seconde surprise: certains cueilleurs utilisent des ciseaux pour couper les feuilles de thé. Ces ciseaux sont équipés d’une sorte de réservoir où tombent les feuilles coupées. Une fois le réservoir plein, les feuilles sont jetées dans le panier que les cueilleurs et cueilleuses portent sur le dos. Nous constatons que la cueillette est de piètre qualité, de nombreuses feuilles étant coupées !

En allant plus loin dans les champs, nous remarquons des cueilleuses, coupant à la main le bourgeon et les 2 premières feuilles. Nous en déduisons que la première cueillette sera destinée au CTC et la seconde au thé orthodoxe. Il est désormais temps d’honorer notre invitation de Satemwa Tea Estate. L’usine se trouve au milieu de la plantation ce qui nous vaut quelques kilomètres de marche à travers les plantations ponctués de « Hello… How are you? » des ouvriers qui profitent de leur pause déjeuner pour nous observer avec curiosité. Nous sommes finalement pris en stop par le responsable comptable de la plantation.

Une fois arrivés sur place, Mr Custom nous accueille pour la visite. Il travaille depuis toujours au sein de la plantation et a gravi petit à petit les échelons. Il a tout appris sur le terrain. Il nous explique que la plantation emploie 2 300 personnes en haute saison (1 050 employés permanents). En avril, nous sommes en haute saison comme le prouve les dizaines et dizaines de cueilleurs qui s’activent. Le climant étant différent en Afrique qu’en Inde ou Népal, le rythme des cueillettes n’est pas le même : la haute saison s’étale de décembre à avril pendant la saison des pluies pour le thé produit en CTC. La cueillette continue ensuite le reste de l’année mais avec un tonnage moindre. Les mois qui produisent le meilleur thé s’étalent de mai à septembre où la région connait une pluviométrie faible. Satemwa produit donc majoritairement son thé orthodoxe à cette période. Comme nous avons pu le constater en Inde et au Népal, la cueillette est effectuée par des travailleurs pauvres qui s’installent dans la région pendant la saison des pluies et rentrent chez eux le reste de l’année pour louer leur bras ailleurs. Ils doivent cueillir au minimum 55 kg par jour pour toucher leurs 1 200 kwachas (soit 1,6€/jour). En haute saison, ils cueillent en moyenne 100kg par jour, 6 jours / 7.

Un mot sur les plants de théiers… Il s’agit du Camelia Assamica, planté par les britanniques quand le pays était une colonie à l’instar de l’Inde. Le Malawi, comme la région de l’Assam en Inde, a été destiné à la production de masse, pour un thé de piètre qualité ensuite vendu par de grandes marques internationales. Quasiment tout part à l’exportation.

Mais revenons à Satemwa qui essaye de donner ses lettres de noblesse au thé du Malawi. Les plus vieux plants de la plantation sont donc destinés à du thé orthoxe, dont certains sont faits de manière artisanale (le Oolong par exemple). Satemwa est une plantation certifiée commerce équitable par le label Max Havellar. Elle prend soin des employés avec par exemple 4 cliniques, une école qui accueille 1 000 élèves, des programmes d’aides pour les femmes…

Satamwa exporte 95% de ses thés. Concernant la partie CTC, elle travaille surtout avec des marques majeures telles que Twining, Tetley, Lipton, Finley. Pour leurs thés orthodoxes, elle travaille avec des revendeurs de petite taille surtout en Allemagne, aux USA, en Belgique. En France, il y a un seul revendeur que tout le monde connait : Palais des Thés.

Après toutes ces explications, Custom nous a préparé une dégustation. Devant nous s’étalent plus de 15 thés !! Thé blanc, thé noir CTC ou orthodoxe, thé vert, oolong, thés parfumés… Il y en a pour tous les goûts ! La qualité étant très variable selon les thés, nous allons nous concentrer sur ceux que nous avons préféré et qui sortent du lot selon nous :

Satemwa antlers
Ce thé est fait à partir des tiges, non roulées, non oxydées. Le plus cher et nous avons compris pourquoi !

Bvumbwe BSP
Ce thé est fait à partir du même procédé que celui ci-dessus mais en ne prenant que les feuilles

Thyolo oolong
Un oolong très différent de tous ceux que nous avons pu gouté jusque là… Roulé à la main, il est fait de manière artisanale en petite quantité

Small holder OP1
Notre coup de cœur sur tous les thés noirs goutés ! Sucré, très peu astringeant, il est surprennamment doux.

Après la dégustation, nous avons le plaisir de faire le tour de la lodge accolée à la plantation, la Huntington house et d’ensuite faire une longue balade dans les allées de terre rouge. Les plants bien taillés et entretenus ont été propices à de nombreuses photos, on pouvait difficilement imaginer des paysages de thé plus photogéniques !

Le Malawi est un petit pays producteur au niveau mondial mais assez important pour l’Afrique, le 2ème après le Kenya. Des plantations se développent également au Rwanda et au Zimbabwe, la naissance peut-être d’une nouvelle concurrence. Satmewa tea estate en est convaincu : pour créer de la valeur ajoutée et se faire une place dans la concurrence féroce du thé, produire du thé de qualité est une nécessité. C’est pour cette raison que les propriétaires souhaitent accroître la production de thé orthodoxe. Affaire à suivre…

 

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