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Robert Fortune, espion du thé

Au début du XIXème siècle, lors de la dynastie qing, la Chine possède le monopole du rhé. Les anglais et autres européens, friands de thé, exportent de plus en plus de thé chinois. Les chinois en profitent pour augmenter à leur guise le prix du thé ce qui fait grincer les dents l’empire britannique, grande puissance mondiale à cette époque. Les britanniques tentent alors plusieurs moyens pour contrecarrer le monopole chinois.

La lutte pour la domination commerciale du thé

La compagnie British East India Company misa tout d’abord sur sa colonie indienne pour supplanter les cultures chinoises. En 1823, Robert Bruce, un botaniste écossais, découvrit un arbre dans la jungle de l’Assam (situé au nord-est de l’Inde) ressemblant à s’y méprendre à un théier. La jungle fut rasée et l’exploitation de ces théiers débuta. Cependant le thé produit ne donna pas la même qualité que celui importé de Chine.

Face à ce nouveau revers, la British East India Company, pleine de ressources mais peu regardant sur la morale, décida de trouver une nouvelle monnaie d’échanges : l’opium. L’Angleterre commença à produire de l’opium dans ses colonies et en exporter massivement en Chine. Les chinois devinrent rapidement accros à cette drogue et se mirent à vendre du thé contre de l’opium. La population de plus en plus dépendante se mit à acheter frénétiquement de l’opium provoquant un drame sanitaire. Cette pratique provoqua l’ire du gouvernement chinois, et un fonctionnaire furieux, Lin Zexu, ordonna de jeter toute une cargaison anglaise d’opium à l’eau. Cet évènement provoqua la 1ère guerre d’opium en 1840, perdue par les chinois. Le gouvernement chinois fut contraint de signer le traité de Nankin qui ouvrit les portes de nouveaux comptoirs pour les anglais. Ils purent ainsi asseoir leur domination sur la Chine et contraindre le pays à de nouvelles règles commerciales en faveur de la British East India Company. A cette époque la compagnie possédait plus de pouvoir que la monarchie anglais et dominait les échanges mondiaux.

Mais la Compagnie ne s’arrêta pas là. Loin d’être satisfaite de son assise commerciale, elle voulait pénétrer les secrets de fabrication de thé pour lancer sa propre production dans les colonies britanniques.

La solution Robert Fortune

En 1848, la compagnie confia une mission top secrète à Robert Fortune : voler le secret de fabrication du thé aux chinois

Robert Fortune est un écossais né en 1812, botaniste et grand voyageur. M Fortune avait déjà réalisé un voyage en Chine où il avait appris le mandarin et acquis des premières connaissances sur la botanique et notamment les théiers. Il était la personne rêvée pour cette mission. Robert Fortune devait cependant faire face à un défi majeur : pénétrer à l’intérieur de l’empire du milieu, interdit aux étrangers sous peine de condamnation à mort.

Avant lui, il est dit qu’aucun étranger n’était entré dans les provinces de l’intérieur. Robert Fortune monta une expédition pour atteindre incognito 2 destinations réputées pour la qualité de leur thé: les monts Wuyi dans la province du Fujian (que l’on a eu la chance de découvrir) et les montagnes jaunes dans l’Anhui.

On peut se demander comment un britannique a pu se faire passer pour un chinois ? Cela nous semble impossible aujourd’hui mais Robert Fortune a joué sur la grandeur de l’empire. Il s’est en effet muni de l’accessoire principal du chinois du XIXème siècle : la natte. A cette époque, la natte est obligatoire pour tous les sujets chinois et un vrai signe distinctif des autres nationalités. Avec sa natte, ses habits traditionnels et son mandarin il se fit passer pour un habitant d’une province très éloignée, au-delà de la grande muraille. Les chinois le prirent donc pour un dignitaire d’une province reculée de Chine où le physique et l’accent étaient bien différents de cette partie de l’empire. Et il réussit ! Accompagné de chinois au fait de sa mission, il partit de Shanghai et emprunta en  bateau le fleuve Yangzi Jiang. Isolé pendant des mois, se dissimulant le plus possible aux yeux des autorités de peur d’être démasqué, il arriva dans les montagnes jaunes puis dans les monts Wuyi.

Il visita des plantations et des usines dans les zones où poussait le thé le plus réputé de l’époque. Il fut une découverte qui nous fait sourire aujourd’hui : le thé vert et le thé noir venaient de la même plante ! Seule la méthode de fabrication différait … Il stocka de nombreuses graines et de retour à Shanghai, il les envoya en Inde, sur 3 bateaux différents pour minimiser les risques. Mais peine perdue, en Inde, les graines arrivèrent pourries du fait d’une mauvaise conservation sur les bateaux. Pas découragé, Robert Fortune reprit son expédition et se décida à récupérer non seulement des graines mais aussi des boutures. Il transplanta des théiers dans des mini-serres portatives, une invention de son cru. Il embarqua avec 20 000 plants de théiers à destination de l’Inde. Mais Robert Fortune ne s’arrêta pas là. Il put débaucher des ouvriers chinois en les convainquant d’aller partager leur savoir-faire dans les plantations indiennes. Il arriva ainsi avec ses ouvriers et ses plants de théiers en Inde en 1851. Et en 1856, la première plantation de thé de Darjeeling fut ouverte, point de départ de l’importance qu’allait prendre la British East India Company dans le commerce du thé dans la 2ème moitié du XIXème siècle.

Robert Fortune n’a pas seulement été le premier espion industriel et révélateur du secret du thé, il a aussi fait avancer la botanique britannique en prélevant de nombreuses fleurs et plantes asiatiques lors d’autres voyages en Chine et au Japon.

Robert Fortune a raconté son périple dans un passionnant livre nommé « la route du thé et des fleurs »

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