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Une échappée dans le café

Qu’on ne nous accuse pas d’être monomaniaque… Arrivés en Tanzanie, nous ne pouvions pas passer à côté du café, meilleur ennemi du thé. Le café nous entourait de toute part : dans les supermarchés, dans les restaurants, dans la rue avec des vendeurs de café ambulants… Et avec partout la fierté du « made in Tanzania ».

Le café est primordial pour la Tanzanie car il s’agit du 1er apporteur de devises pour le pays qui exporte majoritairement sa production. La Tanzanie est le 4ème producteur africain et les plantations font vivre des milliers de fermiers et leurs familles, notamment dans le nord du pays.

Quand nous sommes arrivés au pied du Kilimandjaro dans la ville de Moshi, nos yeux se sont tout de suite dirigés vers le « toit de l’Afrique », d’une majestueuse beauté. Mais rapidement nos regards ont été attirés vers le pied de cet ancien volcan où des centaines d’hectares de caféiers s’étalaient sous nos yeux. Pendant que Bastien partait à la conquête du redoutable Kilimandjaro, je suis allée à la rencontre de « Kilimandjaro Native Cooperation Union », une coopérative agricole qui regroupe elle-même des minis-coopératives de 4 villages. C’est donc au pied du Kilimandjaro qu’Ironimo Kaysse m’a accueillie. Autour d’un excellent café, il a retracé l’origine de la « Kilimandjaro native cooperation union » qui remonte à 1933. La coopérative achète les graines de café aux petits fermiers (environ 3 000) des 4 villages environnants et revend le tout à la bourse aux enchères de Moshi. Les fermiers sont ainsi assurés de vendre au bon prix leurs graines de café car la coopérative négocie en leur nom. Celle-ci propose aussi des cours pour les fermiers afin de les aider dans leur exploitation. Le café, ou kahawa en swahili, est intiment lié à l’histoire de la tribu Chagga.  Les missionnaires (allemands, hollandais, italiens et français) ont été les premiers à avoir l’idée de planter du café au pied du Kilimandjaro au milieu du XIXème siècle. A cette époque, le café entourait les églises et servait à les financer. Avant chasseurs et chercheurs de miel, les membres de la tribu Chagga ont été les 1ers à travailler dans les champs de café. Après le départ des missionnaires, ils ont repris et agrandi les exploitations.

Tous les fermiers faisant partie de la coopérative se sont engagés dans l’agriculture biologique. Pas pour gagner plus car le café ne se vend pas forcément plus cher mais pour préserver la nature car suite à l’utilisation intensive de pesticides les Chagga ont constaté des dégâts sur la santé des habitants… Du compost naturel issu de déjections de vaches, chèvres et moutons a donc remplacé les pesticides.

Revenons sur les plantations de café : nous allons faire un tour dans les plantations situées entre 1000 et 2000 mètres d’altitude car le café aime la hauteur. En mai tout est calme. En effet, la saison de cueillette se situe entre juillet et novembre avec un pic entre octobre et novembre. J’aperçois des baies vertes sur les caféiers ombragés par de grands bananiers. De la fleur à la baie rouge (signe que l’on peut récolter), il faut compter 9 mois !

Ici, l’arabica est roi car cette variété apprécie les sols volcaniques. Mais le robusta est également cultivé en Tanzanie…

Après une balade dans le village et les plantations, nous nous rendons chez Denis, un petit producteur. Il vit dans une petite maison en torchis avec ses 6 enfants. Il possède 2 500 cafiers ce qui lui permet de récolter 100kg de graines de café par an. L’an dernier, le café s’est vendu 3 000 TSH le kg (soit 1,2€) et encore les prix sont repartis à la hausse ! Je constate que le thé comme le café rapporte très peu aux petits producteurs qui vendent à bas prix une denrée qui se retrouvera ensuite en Europe ou aux USA au prix fort… Constatation édifiante, à Moshi dans n’importe quel restaurant, la tasse de café est à 3 000 TSH !

Denis vend son café à la coopérative ce qui lui rapporte de l’argent frais, mais il possède aussi des bananiers qu’il échange contre d’autres denrées (viandes, mais…).  Dans sa plantation, Denis a appliqué les conseils de la coopérative : se succèdent à rythme régulier, 3 caféiers, 1 bananier, les 2 arbres se nourrissant mutuellement.

Le procédé de transformation du café est assez simple. Le jour de la récolte, il faut directement aller écosser les baies dans la seule machine du village. Manuellement, à l’aide d’une manivelle, les baies sont écossées et la graine de café, alors blanche et luisante, tombe dans un bac. Elle est ensuite passée à l’eau puis placée sur un séchoir en hauteur au soleil. Attention aux odeurs : la graine de café absorbe tout ! La graine sèche pendant 24h et perd son aspect luisant. Elle est lavée à l’eau puis de nouveau séchée.  La graine est vendue telle quelle à la coopérative. C’est l’entreprise qui l’achètera aux enchères de Moshi qui s’occupera de la griller et de la moudre.

Denis prépare de manière artisanale son café pour sa propre consommation. Il pile une première fois les graines pour enlever la petite peau qui les entoure. Sur un feu de bois, il dépose une casserole dans laquelle il met les graines qui ne tardent pas à devenir noires. Une délicieuse odeur se répand dans la maison…

On pile de nouveau pour obtenir une poudre de café. Une fois tamisée, on prépare de l’eau chaude…. Le café est corsé mais succulent!

Après cette dégustation, Ironimo nous explique le partage des plantations lors d’un héritage. Le père de famille doit partager équitablement sa plantation entre ses fils. Avec le temps donc, les parcelles se réduisent… Et il devient de plus en plus difficile de ne vivre que du café !

Thé ou café, les petits producteurs peuvent difficilement faire fortune, étant soumis aux aléas du climat et au cours d’achat. Mais chez les 2 on retrouve la passion du métier et l’attachement à la terre. Espérons que de nouvelles initiatives telles que le commerce équitable par exemple puisse permettre à ces producteurs de vivre plus décemment…

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